La quête spirituelle qu’on observe depuis quelques années dans les nouvelles générations se traduit par une hausse spectaculaire des demandes de baptême d’adultes. Mais le mouvement concerne aussi les couples, de plus en plus nombreux à souhaiter un mariage religieux. Mariés depuis vingt-sept ans, parents de trois grands enfants, Alexis et Marie-Félice Vanot accompagnent ces couples depuis sept ans. Ils nous parlent de leur expérience.
Interview
Alexis et Marie-Félie Vanot : « Aujourd’hui, il n’y a plus de pression sociale pour se marier à l’Église. Les couples font la démarche en toute liberté. »
Qui sont les couples qui demandent aujourd’hui à se marier à l’Église ?
La plupart de ceux que nous accueillons vivent déjà ensemble, certains ont des enfants. Cette année, par exemple, nous accompagnons un couple de quinquagénaires ! Aujourd’hui, en dehors de certaines familles très pratiquantes, il n’y a plus de pression sociale pour se marier à l’Église. Les couples le demandent en toute liberté. Souvent, l’un des deux membres du couple se sent moins concerné que son conjoint par la démarche, mais son attitude change fréquemment en cours de préparation.
Que leur proposez-vous ?
Nous proposons un parcours de plusieurs mois commençant à l’automne. Il comprend trois soirées en maisonnée avec trois ou quatre autres couples. Nous les accueillons chez nous pour qu’ils se sentent plus à l’aise que dans une salle paroissiale. Au cours de ces rencontres sont abordés les quatre piliers du mariage : liberté, fidélité, indissolubilité et fécondité. Nous nous appuyons sur une trame proposée par le diocèse et y ajoutons notre touche personnelle. Ce sont des temps d’échange très riches entrecoupés par un intermède gourmand : une part de gâteau accompagnée d’un verre ! Nous veillons aussi à réserver un quart d’heure pour que chaque couple puisse commencer à approfondir le thème de la soirée… en vue de poursuivre la discussion à la maison. Après la première rencontre, nous invitons tous les couples à participer à une journée paroissiale, en janvier. Enfin, une soirée conclusive avec tous les couples est organisée au printemps, en présence de Bruno, notre diacre, et du P. Bernard. On fait le point sur ce qu’on a vécu ensemble. C’est aussi l’occasion de proposer une ouverture sur la foi chrétienne, l’Église, etc.
Les notions abordées parlent-elles aux couples d’aujourd’hui ?
Oui, ils ne sont pas surpris. Même s’ils ne sont pas très pratiquants, ils viennent chercher un « truc en plus » pour leur couple et connaissent les exigences du mariage chrétien. La question de la liberté est certainement celle qui suscite le plus de réactions. Est-ce qu’on se marie pour la robe blanche ou pour faire plaisir aux parents, ou bien pour donner une nouvelle dimension à son couple ? A côté de l’enseignement de l’Église, nous témoignons humblement de ce que nous vivons nous-même dans notre couple. Nous essayons aussi de déconstruire certaines idées reçues, sur la sexualité notamment, en nous appuyant sur les catéchèses du pape Jean-Paul II sur le théologie du corps. Nous insistons beaucoup sur la communication dans le couple et sur la dimension du pardon.
Les couples sont-ils satisfaits de la préparation reçue ?
Oui, leurs retours sont toujours positifs. Ils reconnaissent qu’ils arrivent avec certaines appréhensions en se disant que la préparation va être longue, mais au moment de se séparer ils disent avoir apprécié l’expérience. « On aurait bien fait quelques soirées de plus », nous confient certains. Ils nous disent se sentir accueillis tels qu’ils sont, sans jugement. La journée paroissiale constituent pour eux une expérience d’Église forte. Ils découvrent une communauté chrétienne vivante et accueillante. Des amitiés se nouent aussi pendant le parcours : certains continuent à se voir après leur mariage.
Existe-t-il des propositions pour accompagner ces couples après leur mariage ?
Pas en ce moment. Il y a quelques années, nous organisions un barbecue en septembre avec tous les couples qui s’étaient mariés pendant l’été. C’était l’occasion non seulement de regarder les photos de mariage mais aussi de leur proposer de continuer à se voir dans le cadre de la paroisse avec ce qu’on appelle les « Equipes tandem ». Mais on a dû arrêter, faute d’accompagnateurs. Cela fait partie des chantiers à relancer.
Témoignage
Anthony et Sophie, mariés en 2025 : « Nous avons découvert la dimension spirituelle du mariage sous un angle nouveau. »
Ce qui a fait toute la différence, c’est l’implication d’Alexis et Marie-Félice. Leur manière d’animer les rencontres, à la fois simple, authentique et profondément incarnée, a créé un climat de confiance appréciable pour les couples qui constituaient notre petit groupe de réflexion. Ils ne se sont pas contentés de transmettre un contenu : ils ont partagé une expérience de vie, une vision du couple et une foi vécue au quotidien, sans jamais imposer, en ouvrant toujours des perspectives. Ce que ces séances nous ont apporté :
– Un espace de dialogue. Elles nous ont permis de prendre du recul sur notre relation, d’aborder des sujets essentiels que le quotidien laisse parfois de côté, et de renforcer notre communication.
– Une compréhension plus profonde du sacrement. Nous avons découvert la dimension spirituelle du mariage sous un angle nouveau, plus concret, plus vivant.
– Un enrichissement personnel. Les échanges, les témoignages et les réflexions proposées nous ont aidés à mieux nous connaître, individuellement et en couple.
Appel
Nous cherchons des couples accompagnateurs
Vous souhaitez rejoindre l’équipe de préparation au mariage ? Vous êtes les bienvenus ! Sachez que le diocèse propose une formation en quatre soirées pour les couples accompagnateurs.
Contacter le P. Bernard Badaud