Rencontrer Jésus, c’est prendre le risque d’être « cueilli », si je peux dire, là où ça fait mal ! J’aime la rencontre avec la Samaritaine parce qu’il ne peut y avoir aucune confusion entre guérison physique et le fait d’« être sauvé ». La Samaritaine n’est pas malade. Mais va-t-elle bien ?
Je dis « prendre le risque » parce que les obstacles à la rencontre sont là, et ils sont différents pour chacun de nous. Ici, ils sont nombreux : ils relèvent d’abord du genre (un homme et une femme : les disciples sont surpris de le voir seul avec cette femme) ; ils sont aussi ethniques (un Juif et une Samaritaine : ce n’est pas le grand amour) ; ils sont religieux (nous n’adorons pas Dieu de la même façon et au même endroit) ; ils sont moraux (elle a eu cinq maris, donc cinq répudiations si l’on s’en tient à la norme de la loi de l’époque, et celui avec qui elle vit n’est pas son mari : situation matrimoniale complexe) ; enfin, et c’est bien là que se produira la rencontre, elle semble murée dans un isolement triste, pour ne pas dire aigre. Une femme seule au bord du puits – lieu habituellement joyeux de toutes les nouvelles échangées entre femmes ; nous sommes aux alentours de midi quand le soleil tape fort, à l’heure où chacun est chez soi, au frais : est-elle rejetée, n’a-t-elle envie de rencontrer personne ? Ça fait beaucoup ! Vous êtes-vous interrogés sur ce qui peut réellement faire obstacle en vous à une rencontre avec Jésus ? Il y en a. De quelle nature sont-ils ?
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