Open/Close Menu Paroisse catholique à Lyon

Le 1er janvier, l’Église fête Marie, Mère de Dieu. C’est depuis le concile d’Éphèse, en 431, que les chrétiens reconnaissent que Marie est bien Mère de Dieu. C’est même le trésor de la foi chrétienne, l’Incarnation : en Jésus, né de Marie, c’est vrai-ment Dieu qui vient partager notre nature humaine. Comme le proclame le prologue de l’évangile de Jean : « Le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous. » Marie accueille Dieu, se laisse habiter par Dieu et le met au monde. Et ce que Marie permet en offrant son « oui » à l’initiative de Dieu, c’est aussi ce à quoi nous sommes appelés à la suite de Marie. C’est ainsi que saint Irénée osait dire : « Le Verbe de Dieu a habité dans l’homme et s’est fait Fils de l’homme pour accoutumer l’homme à saisir Dieu et accoutumer Dieu à habiter dans l’homme, selon le bon plaisir du Père. »

En 1968, le pape Paul VI a aussi voulu que le 1er janvier soit la Journée mondiale de la paix. Et depuis, chaque année, le pape publie un message pour la paix. Voici un extrait de celui du pape Léon pour cette année qui commence : « La bonté est désarmante. C’est peut-être pour cela que Dieu s’est fait petit enfant. » Le mystère de l’Incarnation commence dans le sein d’une jeune mère et se manifeste dans la mangeoire de Bethléem. « Paix sur la terre », chantent les anges en annonçant la présence d’un Dieu sans défense, dont l’humanité ne peut se découvrir aimée qu’en prenant soin de lui. Le pape François écrivait que « la fragilité humaine a le pouvoir de nous rendre plus lucides sur ce qui dure et ce qui passe, sur ce qui fait vivre et ce qui tue ».

C’était l’intuition spirituelle d’Etty Hillesum* : « En ce temps d’effroi, je vais t’aider, mon Dieu. Je vais t’aider à ne pas t’éteindre en moi, écrivait-elle dans son Journal. Une chose m’apparaît de plus en plus claire : ce n’est pas toi qui peux nous aider, mais nous qui pouvons t’aider. Et ce faisant, nous nous aidons nous-mêmes. C’est tout ce qui nous est possible de sauver en cette époque, et c’est aussi la seule chose qui compte : un peu de toi en nous, mon Dieu. Peut-être pourrons-nous aussi contribuer à te mettre au jour dans les cœurs martyrisés des autres. Tu ne peux pas nous aider, mais c’est à nous de t’aider et de défendre jusqu’au bout la demeure qui t’abrite en nous. Il y a des gens qui cherchent à protéger leur propre corps, qui pourtant n’est que le réceptacle de mille angoisses et de mille haines. Ils disent : “ Moi, je ne tomberai pas dans leurs griffes ! ” Ils oublient qu’on n’est jamais sous les griffes de personne tant qu’on est dans Tes bras. »

P. Bernard Badaud, administrateur de la paroisse.

*Grande figure de la spiritualité contemporaine, Etty Hillesum a pris le risque d’aimer librement. Juive, elle est morte à Auschwitz en 1943, laissant un journal et des lettres qui ont bouleversé des mil-lions de lecteurs.