Le texte d’aujourd’hui nous dit que Jésus s’adressait en paraboles aux foules. Ce qui n’est plus tout à fait exact puisque, dans ce chapitre 13 de Matthieu, il est en réalité de retour à la maison… sans plus de précisions. La maison, c’est là où est Jésus avec ses disciples qui l’écoutent. Nous, en ce moment dans la maison Église. Nous qui avons peut-être déjà compris qu’avec Jésus nous sommes bien en présence de la semence divine qui a été jetée en notre monde, que nous avons trouvé le trésor caché et la perle rare.
« Le Royaume des cieux est comparable à… » Jésus parle du Royaume en parabole car il n’est pas un lieu que l’on peut décrire. Il parle d’une quête, d’une découverte, et la question semble bien celle de la valeur, du prix (trésor, perle…). À quoi est-ce que j’accorde du prix, de la valeur ? « Là où est ton trésor, là aussi est ton cœur » (Mt 6, 21) : ne te fais pas illusion.
Jésus ne peut partir que de notre vie quotidienne. Ce que j’appelle notre vie horizontale, nos activités pour être en vie, pour assurer notre vie : le labourage, le commerce, la pêche. Mais pour ouvrir à une autre dimension de la vie, celle que j’appellerais verticale. Celle qui donne son prix, sa valeur, son sens, son orientation à nos existences. Celle qui me fait sentir vraiment vivant, qui donne sa valeur, son poids, sa densité, sa saveur à ma vie.
C’est cela une parabole : une histoire qui révèle, qui dévoile, au cœur de mon existence quotidienne, une autre facette, plus cachée, enfouie (comme l’image du trésor enfoui) et pourtant si essentielle de l’existence. Cela permet à l’auditeur, à celui qui écoute la Parole, soit de faire l’effort de comprendre, de relire pour lui-même, soit de passer son chemin. Le Royaume se donne à celui qui cherche. « On ne donne pas de perles aux cochons » (Mt 7, 6), dit une autre parole, rude, de l’Évangile. Nous voyons bien, autour de nous, ceux pour qui la vie horizontale semble suffire. Et ceux qui cherchent, qui attendent autre chose. Mystère de ceux pour qui le Royaume semble préparé…
Et on ne peut que multiplier les paraboles car lorsque nous croyons tenir une vérité certaine avec une première parabole, une seconde vient aussitôt nuancer ce qui vient d’être compris.
Pour lire la fin de l’homélie du P. Eric de Nattes, cliquez sur le pictogramme ci-dessus.