« Le temps passe, le temps presse, on fait tout à toute vitesse », chantait Yves Duteil. « Le voici maintenant le moment favorable », écrit saint Paul dans sa Deuxième lettre aux Corinthiens (6,2)… qui sera la deuxième lecture de la messe du mercredi des Cendres. Car, oui, nous commençons le Carême le 18 février.
Un peu de grec biblique ? « KAIROS » ! C’est le « bon moment ». Avant, ce n’est pas le moment, après, c’est trop tard ! Donc le Carême, c’est le « bon moment »… Pour quoi faire ? Le ménage, par exemple ! Est-ce-que ce truc qui m’obsède, ce besoin d’activité sont vraiment si importants que ça ? « Jeûner » un peu de certaines occupations pour retrouver le temps de lire l’Évangile, prier (en silence, si possible)… rencontrer et écouter les autres. Bon moment pour quoi faire encore ? Un peu de comptabilité par exemple ! Loyer, charges, vêtements, nourri-ture, cadeaux, loisirs… En reste-t-il un peu pour le Secours catholique, le Secours populaire, les Restos du Cœur ou le CCFD Terre Solidaire ? Mais encore : Bon moment pour saisir l’opportunité de se réconcilier, de prendre un (petit) engagement…
« Ce kairos est donc un temps de renouvellement. C’est comme si l’être humain s’était assoupi, par paresse ou par torpeur, qu’il vivotait dans un état d’inconscience des réalités profondes enfouies en lui. Qu’adviennent donc en lui la nouveauté de vie, la transformation, le temps nouveau, le kairos. Ce temps, c’est aussi celui d’aimer, de vivre pleine-ment, de jouir d’une vie nouvelle et belle, de s’éveiller à la vie. C’est le temps du don et de la grâce. » (Guy Bonneau, théologien canadien).
Bernard Badaud,
administrateur de la paroisse Saint-Gabriel de Vaise.